Les méthodes de contraception

Par admin, 5 août 2010 20:50

Elle se définit par l’action d’empêcher la survenue d’une grossesse par un moyen quelconque. Les méthodes sont variées avec pour chacune des avantages et des inconvénients.

La stérilisation

Elle est définitive et peut être pratiquée chirurgicalement chez l’homme (vasectomie) ou chez la femme (ligature des trompes) elle est le plus souvent irréversible et nécessite, avant d’être pratiquée, une information et une sensibilisation du couple qui la réclame. Il s’agit d’une mutilation et si elle est désirée dans l’instant, elle peut être amèrement regrettée dans les années qui suivent.

Les méthodes hormonales

C’est la contraception orale par la prise de la pilule. Il existe 4 types de pilule : les oestroprogestatifs classiques, rarement utilisés de nos jours, les oestroprogestatifs minidosés, les progestatifs macrodosés et les microprogestatifs.
Ces médicaments agissent à 3 niveaux pour assurer une contraception correcte :

* Action centrale en inhibant l’action des hormones hypophysaires (FSH et surtout LH) d’où absence d’ovulation.
* Action locale en modifiant l’aspect de la glaire qui devient opaque et hostile à la montée des spermatozoïdes dans les voies génitales.
* L’autre action locale est utérine car la muqueuse de l’utérus devient atrophique (sans épaisseur) donc impropre à la nidation de l’œuf.

Il est à noter que ces actions sont identiques pour toutes les pilules sauf les progestatifs qui n’ont pas d’action centrale donc ne bloquent pas l’ovulation.

L’utilisation de toute pilule nécessite un bilan clinique et sanguin au préalable car les effets secondaires de cette contraception ne sont pas négligeables, votre métabolisme va changer sous pilule :

* Tendance à l’hyperglycémie avec risque de diabète chez les personnes prédisposées.
* Troubles du cholestérol (augmentation des triglycérides et du mauvais cholestérol).
* Troubles de la coagulation avec risque de formation de caillot et risque de phlébites (caillot de sang dans les veines des membres inférieurs) voire d’embolie pulmonaire (caillot dans l’artère pulmonaire ce qui est le plus souvent fatal). Si en plus la femme fume, ce risque est plus important.
* La prise de poids de même que le risque d’hypertension artérielle n’est pas négligeable.
* L’aggravation de certains cancers (sein, utérus), l’apparition de certaines tumeurs notamment hépatiques ne sont pas à sous-estimer.
* Les céphalées (maux de tête), les nausées, vomissements, les tensions mammaires, de même que les sécrétions vaginales abondantes et la présence de champignons (mycoses) doivent évoquer un surdosage en oestrogènes, alors que la sécheresse vaginale, les lourdeurs de jambes, les saignements entre les règles, les états dépressifs même mineurs sont observés dans les surdosages en progestatifs.

Certains médicaments perturbent l’action de la pilule : les barbituriques, les antiépileptiques, les antibiotiques, la ciclosporine, les antidiabétiques.

La pilule peut aussi être responsable de troubles des règles : absence de règles ou saignements mineurs, modifications de la libido, l’écoulement de lait au niveau des seins (galactorrhée), d’où l’intérêt d’une surveillance pendant la prise de cette pilule par un suivi clinique par le médecin traitant voire le gynécologue et la réalisation de bilans sanguins et d’examens complémentaires afin de dépister les effets secondaires sus-cités.
De nos jours les pilules utilisées sont efficaces et ont peu d’effets secondaires car ces dernières sont essentiellement des microprogestatifs voire des oestroprogestatifs minidosés.

La prescription de la pilule est un acte médical car les accidents et incidents pouvant survenir lors de la prise de la pilule nécessitent un interrogatoire, un examen clinique et un bilan complémentaire rigoureux. Que faire lors de l’oubli de la pilule ?
Vous pouvez prendre le lendemain les 2 pilules (celle de la veille et celle prévue le jour même), mais un oubli de 2 jours successifs ne se rattrape pas, à ce moment-là, il faudra prendre des précautions supplémentaires (préservatifs).

Que faire lors d’un rapport sexuel non protégé avec oubli de la pilule ?
Il faut arrêter votre pilule et pratiquer une contraception d’urgence ou pilule du lendemain après avoir consulté votre médecin traitant ou votre gynécologue.

En quoi consiste cette contraception d’urgence ?
C’est une contraception qui permet d’éviter au mieux une grossesse non désirée après un rapport sexuel non ou mal protégé. Cette contraception est connue depuis fort longtemps (oestrogènes à forte dose), la méthode de “yuzpe”, le stérilet du lendemain et aujourd’hui la pilule du lendemain.

Cette pilule du lendemain est un progestatif de synthèse dont l’efficacité est relative car il y a eu des cas de grossesse, pour mettre toutes les chances de votre côté, il faut prendre cette pilule au plus tard dans les 72 heures suivant le rapport. Plus tôt est-elle prise plus elle a des chances de donner d’excellents résultats. Cette pilule peut être prise à n’importe quel moment du cycle. Après un rapport sexuel pouvant entraîner une grossesse, il est conseillé de prendre rapidement cette pilule du lendemain afin d ‘éviter les interruptions de grossesse non désirées.

Si des vomissements sont secondaires à la prise de la pilule du lendemain, que faire ?
Il est conseiller alors de prendre un autre comprimé ou d’utiliser un autre moyen de contraception d’urgence (stérilet si pas de contre indications), dans tous les cas il faut consulter un gynécologue le plus rapidement possible.
Les moyens mécaniques

* Le stérilet : Il s’agit d’un dispositif en métal (cuivre ou acier) ou en matière plastique que le gynécologue installe dans la cavité utérine. C’est une contraception efficace et sûre pour le long terme dont l’action est réversible (elle s’arrête au retrait du produit). Son mécanisme est la création d’une réaction (assimilable à une légère inflammation) de la couche interne de l’utérus (muqueuse), cette réaction empêche la nidation de l’ovule fécondé. Cette méthode n’est indiquée que chez les multipares (plusieurs enfants) et pas chez les nullipares (femmes n’ayant pas eu d’enfants).
Les inconvénients : un flux menstruel plus abondant, des douleurs locales et chez les femmes qui ont plusieurs partenaires sexuels, une possibilité accrue d’infections génitales.
Au contraire, chez les femmes mono-partenaire on ne constate pas d’augmentation des infections. On constate aussi une bien meilleure tolérance chez les femmes ayant eu plusieurs enfants (multipares).

* Le préservatif ou condom masculin : manchon de latex imperméable pouvant être lubrifié et/ou porteur d’un réservoir à son extrémité, lorsqu’il recouvre totalement le pénis empêche le passage des spermatozoïdes vers le vagin.

* Le condom féminin composé de deux bagues flexibles se positionne à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du vagin, une bague (interne) recouvre le col de l’utérus et l’autre demeure à l’extérieur recouvrant les organes génitaux externes. Ces deux bagues sont reliées par un film en polyuréthane très mince et souple.

Ces deux systèmes, en particulier quand ils sont associés à des crèmes spermicides (littéralement pour tuer les spermatozoïdes) offrent une bonne efficacité contraceptive (80 à 90 %). De plus, l’un et l’autre ont pour avantage de diminuer de façon très importante la transmission du VIH (sida) et des autres Maladies Sexuellement Transmissibles (M.S.T.).

* Le diaphragme est une contraception mécanique qui se présente sous la forme d’un objet de caoutchouc circulaire destiné à recouvrir le col de l’utérus. Il s’utilise avec une crème spermicide.
Inconvénients : dans certains cas, rares mais non exceptionnels, le diaphragme a pu provoquer des infections graves (choc toxique staphylococcique) ou des infections plus bénignes mais récidivantes au niveau des voies urinaires. Attention le diaphragme ne protège pas des M.S.T.

* La cape cervicale est une sorte de petit diaphragme qui se place sur le col de l’utérus et tient en place par succion et, de même que le diaphragme doit être posé pour la première fois par le médecin pour qu’il en explique le maniement.
L’avantage de ce système par rapport au précédent c’est qu’il peut être porté pendant 48 heures au lieu de 24 et qu’il n’est pas nécessaire de rajouter une crème spermicide avant les rapports en raison d’une plus grande étanchéité, des précautions doivent être prise chez les femmes porteuses d’anomalie au niveau du col de l’utérus ou qui ont des antécédents d’infections génitales à répétition. Attention la cape cervicale ne protège pas des M.S.T.

* Les moyens chimiques : Il s’agit des spermicides, littéralement tueurs de spermatozoïdes, ces produits chimiques se présentent sous des formes variées : ovules, injection, tube-doseurs, éponges imprégnées. Leur efficacité est accrue s’ils sont associés à des dispositifs mécaniques (voir ci-dessus). Leur mode d’action est la destruction des membranes du spermatozoïde ce qui provoque sa mort.

* Les méthodes dites “naturelles” ou physiologiques : les deux plus connues sont OGINO KNAUSS et la méthode dite “des températures” ou sympto-thermique.

La méthode OGINO KNAUSS, mise au point dans les années 30, est basée sur le principe qu’un ovule ne peut être fécondé que durant une période de 24 heures qui se situe dans un intervalle inférieur ou égal à 5 jours centrés sur l’ovulation. En observant une abstinence sexuelle ou des rapports protégés 3 jours avant l’ovulation, le jour de l’ovulation et 3 jours après, les risque de fécondation sont considérés comme très mineurs. Toutefois l’importante variabilité de la date de l’ovulation chez la même femme et les erreurs de calcul… limitent l’efficacité de cette méthode à qui, par dérision, on a attribué les “plus beaux bébés de France”…

La méthode des températures associée à une meilleure connaissance des signes qui précèdent l’ovulation : changement de consistance et de volume de la glaire cervicale, élévation de la température du corps de quelques dixièmes de degrés, douleur localisée lors de l’ovulation permet à des couples informés de repérer la date d’ovulation et donc d’observer une abstinence ou des rapports protégés dans ces périodes pour éviter une grossesse, bien que l’efficacité de cette méthode soit meilleure que la précédente, elle a de nombreux défauts.

* Le retrait, consistant pour l’homme à retirer son pénis du vagin avant l’éjaculation, est une méthode périlleuse comportant de nombreux risques d’inefficacité, de plus la vigilance nécessaire de l’un ou des deux partenaires pour ne pas perdre le “contrôle de la situation” nuit beaucoup à la qualité des rapports sexuels et à l’épanouissement réciproque…

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